
Programme de soutien et d’éducation à l’HSF
Apprendre à vivre avec le cancer
Extrêmement répandu puisqu’il constitue le 25% des maladies, le cancer débouche souvent sur des situations douloureuses, sur le plan personnel et sur le plan familial. Persuadées qu’un accompagnement particulier ne peut être que bénéfique au traitement de cette maladie redoutée, deux infirmières de l’Hôpital du Sud Fribourgeois (HSF), Janine Buchs Roulin et Sandra Chenaux, spécialisées en oncologie, ont décidé, en collaboration avec l’HSF et la Ligue fribourgeoise contre le cancer, de proposer un programme de soutien et d’éducation destiné aux personnes vivant une maladie cancéreuse, ainsi qu’à leur famille et à leur entourage.
Conçu à l’université de Lund (Suède) à la fin des années 90 par une infirmière, Gertrud Grahn, ce programme a déjà été diffusé en 2002 à l’Hôpital de Châtel-Saint-Denis par la doctoresse Patricia Vuichard et un infirmier, Yvan Bourgeois. L’expérience, très rapidement, a débouché sur la volonté d’en étendre la diffusion aux trois sites de l’HSF.
Le programme « Apprendre à vivre avec le cancer » débutera ainsi le mercredi 14 avril prochain à l’ancienne école primaire de Riaz (à côté de l’église), à travers un cycle de 8 séances qui se poursuivront jusqu’au 2 juin 2004. Huit sessions hebdomadaires de deux heures permettront à une vingtaine de personnes (deux groupes de dix) au maximum d’aborder les divers thèmes du programme, présentés chacun par deux intervenants.
Le premier thème, présenté par Sandra Chenaux et Janine Buchs Roulin, aborde une problématique de base, le corps humain et le cancer. Les deux infirmières, matériel à l’appui (microscope et mannequin) décriront l’évolution des cellules et approfondiront la découverte du corps humain. Pour le diagnostic et les traitements, la Dresse Patricia Vuichard, oncologue, décrira la procédure médicale, souvent trop longue aux yeux des patients.
La diététique et les problèmes de santé seront confiés à Sophie Progin, diététicienne, et Erwin Berger, perruquier, qui préciseront les effets secondaires liés aux traitements, la chimiothérapie notamment. Pour parler du cancer et du rôle de la famille, il sera fait appel à Gabriel Dougoud, assistant social, et Christiane Schmidt, infirmière spécialisée en soins palliatifs à l’Hôpital de Châtel-St-Denis. La dédramatisation du mot « cancer », l’examen des phénomènes de crise, l’acceptation ou la non-acceptation du diagnostic, l’idée de la mort aussi, sont les thèmes forts de ce chapitre.
Pour développer les aptitudes aux changements et la prise de conscience du corps, l’assistant social Gabriel Dougoud et Jean-Luc Andrey, physiothérapeute, expliqueront comment faire face aux nouvelles situations, qu’elles soient professionnelles ou familiales et mettre sur pied de nouvelles stratégies pour faire face à la maladie.
Frédéric Fournier, clinicien oncologue à l’Hôpital Cantonal, et André Labhart, physiothérapeute, aideront les patients à préciser les objectifs pour s’adapter aux changements (relaxation, idées et sensations). Liés à la vie de tous les jours, ces objectifs peuvent être réalisés à travers des démarches simples, telle l’action d’aller dire bonjour à ses collègues de travail.
Deux assistants sociaux, Benoît Delacombaz et Gabriel Dougoud, accompagnés de Brigitte Straubhaar, art-thérapeute à l’Hôpital de Billens, développeront les thèmes du soutien et des ressources sociales, ainsi que l’expression par l’art, qui conduiront les participants vers des activités créatrices. Enfin, lors de la huitième session, la Dresse Patricia Vuichard évoquera la recherche en cancérologie, qui s’attache à élaborer des médicaments aux effets secondaires moins violents, et les médecines alternatives et complémentaires.
« Un tel programme correspond à un besoin. Nous en avons la certitude. Plus les personnes adhèrent à leur traitement, expliquent leur situation à leur famille, et plus les effets sont bénéfiques, par exemple lorsque les patients subissent un traitement aussi pénible que la chimiothérapie », note Janine Buchs Roulin.
Journal La Glâne, 1er avril 2004
Jean-Pierre Graf